De quelle épaisseur est fait l’espace qui nous sépare ?
Nicolas Cabos, photographe et sérigraphe, et
Sylvain Dubrunfaut, peintre, tentent de répondre à cette question qui traite de notre rapport aux autres. En questionnant cette distance invisible entre les êtres, ils s’interrogent sur ces espaces d’incompréhensions, parfois infimes, qui s’installent et génèrent du vide.
Ce dialogue entre eux est aussi un regard porté sur la jeunesse, thème qui traverse l’œuvre des deux artistes. Mettre en récit cette recherche d’épaisseur passe par des changements de focale, des mises au point décentrées ou des touches hétérogènes de couleurs, propres à leur travail.
De cette rencontre surgit une mosaïque sensible de l’intime.
Sylvain Dubrunfaut peint des ensembles d’individus qui composent une mosaïque sensible où se lit l’image d’une humanité. De touches hétérogènes et de reflets colorés aux impressions oniriques, ces êtres de pigment vivent dans les tableaux du peintre selon leur mystère, leur altérité, qu’ils soient captés lors de leurs moments de solitude, d’émoi ou de recherche intérieure. Dans chacun d’eux, réside un fragment d’existence, un témoignage épars d’une subjectivité partagée mais intrinsèquement unique. Au travers de tous les âges, des genres et des unions, Sylvain Dubrunfaut se penche sur l’irréductible composante de l’être, de nos sensations et des perceptions que nous faisons du monde et du soi.
Le temps d’un instant de légèreté, comme une respiration au cœur d’un monde au futur incertain, Sylvain Dubrunfaut pose un regard profond et attentif sur une génération libre, affranchie des codes genrés. Dans une nature magnifiée, il en dépeint avec poésie et douceur les fugues, les rêves, les errances et les moments de grâce.
Photographe et graphiste, les procédés d’impression sont naturellement au cœur des recherches de
Nicolas Cabos. Il interprète la sérigraphie, non comme un moyen de reproduction mais en explorant ses caractéristiques : les effets de trame, de superposition et en provoquant des incidents : des arrachages, des épuisements d’encre… Ses épreuves sont uniques et « flirtent volontiers avec la peinture.
L’artiste évoque le temps de l’adolescence, entre latence et développement de soi, au travers de portraits, par des détails en très gros plan de visages, de postures, de plissés sur les corps. La série induit un début de récit par sa présentation qui combine et confronte à la fois les images.