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Sous la canopée, la terre, Lasécu - Espace d'art contemporain à Lille
Exposition À venir

Sous la canopée, la terre

06 fév > 03 avr 27
Vernissage de l'exposition collective vendredi 5 février 2027 à partir de 18h30, repas ''after'' à 20h30 (réservation sur HelloAsso)
Sous la canopée, la terreSous la canopée, la terreSous la canopée, la terreSous la canopée, la terre
Les artistes : Ingrid Bouttaz, Anne Breton, Julie Daleyden, Laura Gourmel, Audrey Keller et Anna Vliet.

L’exposition “Sous la canopée, la terre” vous invite à plonger au coeur d’un dialogue invisible mais vital : celui qui unit la cime des arbres aux profondeurs mystérieuses du sol qui nous porte. Franchir le seuil de cette exposition, ce sera accepter de changer d’échelle. Le haut, le bas et entre deux, nous, terriens, désunis face à la nature et le vivant...
Chacune des six artistes s’est confrontée à la matière dans un acte profondément créateur et poétique. Leur regard singulier nous invite tout autant à une forme de réconciliation que de prise de conscience voire de résistance...

Ingrid Bouttaz : ''Je suis née en région parisienne, de parents tous deux céramistes. On peut dire que j’ai grandi et baigné dans l’univers du travail de la terre. Ce n’est pourtant que lors de mes études d’arts appliqués, création textile, que le travail de la terre est devenu une évidence, un retour aux sources. A cette époque, j’allie textile et céramique : une expérimentation. Puis de fil en aiguille, j’ai tissé ma route, forte de mon héritage familial tout en me formant aux techniques de moulage /modelage sur plâtre. C’est justement grâce à cette technique que je viens relever des traces d’épidermes, des empreintes de corps ou de peau afin de les associer à des formes végétales. Je modèle ainsi l’argile en assemblant précieusement ces morceaux d’enveloppes corporelles à des formes d’inspiration végétale telles que des graines, des feuilles, des coquilles ou des nids.
Organique et végétal ne font plus qu’un. Je veux évoquer par là ce qui nous lie intrinsèquement à la nature, à la Terre.

Aux origines des explorations en terre d’Anne Breton, naissent des montagnes. Peu à peu, elles s’animent. Les yeux percés, elles deviennent des portraits fantômes. Des jambes et des bras poussent ; ces apparitions se métamorphosent en figures : enfant paille, femmes buissons, portraits de
fleurs, oiseau de nuit, aveugle, amie...
Des corps figés dans le grès mais en mouvement dans nos imaginaires.
Ces ensembles de sculptures esquissent un univers aux frontières fluides où de nouvelles formes coexistent en harmonie. Elles agissent comme des pièces compagnes et explorent les liens subtils entre la vie et la mort, la nature et ses créatures.
À travers ces corps singuliers, elle propose une lecture intérieure du réel, partage ses visions et donne forme à des perceptions afin de nous inviter à entrevoir la possibilité d’un nouveau monde.

(...) On entre chez Julie Daleyden comme on ouvrirait un livre illustré. Dans chaque recoin, des scénettes rassemblent souvenirs de voyage, textiles anciens, patchworks, petites sculptures, masques, dessins d’artistes, coquillages ou herbiers improvisés. Autant de fragments qui racontent une histoire. Pour cette insatiable créative, l’accumulation n’a rien d’un caprice. Elle est une source de réconfort, la trace d’une existence joyeuse, le terreau fertile à la création. ''Les objets me rassurent, confie-t-elle. Je garde tout : une gomme offerte il y a vingt ans, les meubles de ma grand-mère, un ticket d’exposition… Chacune de ces choses correspond à un souvenir.'' (...) Aujourd’hui indépendante à plein temps, Julie Daleyden a appris à se définir en deux mots qui disent l’amplitude de son terrain de jeu : illustratrice et designer textile. Car l’illustration, chez elle, déborde le papier. ''J’aime toucher la matière, j’ai ce besoin insatiable de passer d’un support à l’autre'', confie-t-elle. L’argile, le tissu, le papier, la broderie, la gravure, les découpages… tout lui sert de terrain d’expérimentation. Chaque médium nourrit l’autre, dans un va-et-vient constant entre dessin, matière et motif. Cette porosité est devenue sa signature, créant un vocabulaire à la fois coloré, graphique et folklorique, où le noir profond contraste avec des tons vibrants. (...) Dans son travail, ce sont les personnages qui mènent la danse. Animaux à panache, silhouettes coiffées de noeuds, héroïnes en costumes traditionnels réinventés peuplent son univers onirique. ''Tout part toujours de mes personnages. Je remplis mes carnets de visages, d’animaux et de silhouettes, puis je les invite dans un décor. Et c’est là que l’histoire commence.''(...)
Extrait de MILK MAGAZINE par Sarah Berger

Laura Gourmel
: ''Le geste de la main est minutieux, lent, appliqué et connait parfaitement les rouages de la mécanique technique ; je travaille le fil avec précision. Mes œuvres sont faites d'un maillage de mémoire, du temps qui passe, de récits collectifs, poétiques et intimes. Aujourd'hui je me tourne vers l'urgence d'une lutte aux multiples visages. Nous ne pouvons plus créer de la même manière qu'hier, sans prendre en compte l'impact des matériaux et des produits utilisés. Nous devons réinventer de nouvelles façons de faire. Il en ressort un renouveau dans ma pratique, la création de fil d'ortie, réalisé de la cueillette jusqu'à la broderie en passant par le filage, l'utilisation d'un pannel de couleur plus restreint et plus naturel grâce à la teinture végétale, une autre façon de travailler le fil, plus proche d'un geste expressif plutôt que d'un savoir-faire parfait.
Ma démarche qui s'est longtemps arrêtée sur notre rapport à la mémoire et au temps, se tourne aujourd'hui vers la perméabilité des mondes, sur la mutation, le glissement qui transforme une chose en une autre.
Le choix de vivre en Haute-Vienne, près des forêts, connaître le territoire et la façon dont il est perçu, m'implique toute entière en tant qu'artiste dans cette démarche. Plus que jamais nous devons revendiquer la création de nouveaux récits écologiques. Revendiquer un droit au cri visuel et poétique, aux potentiels nécessaires, aux respirations hors du temps, aux luttes joyeuses. L'écologie  invite à une autre façon de penser, de regarder, d'être au monde mais il est clair qu'aujourd'hui nous manquons de récits poétiques et écologiques, il faut que le déploiement de ces œuvres deviennent une force vive.
A travers mes recherches plastiques et théoriques je redonne souffle aux murmures, aux bruissement, à ce qui se transforme. Je laisse le temps aux mondes d'advenir.''

Audrey Keller : ''Je travaille les thèmes du minéral, du végétal, de l’organique et des passages symboliques. Il y a dans la gravure ou la broderie une dualité entre l’art et l’artisanat, le travail de la matière et la préparation des matrices renvoyant à des gestes transmis de génération en génération. Le fil tisse un lien entre l’artiste et le spectateur mais aussi avec notre mémoire culturelle et notre inconscient collectif. Le fil relie. Je suis intéressée par l’idée de transmission et il est central dans mon travail : des savoirs anciens utilisés dans une expression contemporaine.''
 
Anna Vliet crée un univers plastique où le visuel est en tension entre absurde et mélancolie, dérision et fragilité, il se construit autour d’arrêts sur image, de suspensions, de repentirs et de ratures interrogeant l’acte de voir, le rapport au le paysage.
Des recherches graphiques et picturales autour d’éléments d’enfance en ricochets entrent dans son champ d’expression : personnages en attente ou en suspension, cahutes et botaniques diverses. Elle entretient aussi un rapport privilégié avec les mots spatialisant des textes dans des espaces aux échelles variables.
Ils s’agit de jeux d’images révélant une sensibilité à la vanité du monde.
Des installations plastiques et co-créations avec Delphine Romaire et Vincent Mika sont aussi un champ d’expression pour l’artiste qui interroge l’imaginaire possible entre dessins et porcelaines, espaces poétiques possibles ouvrant des polysémies narratives, Fêlures de sens.
Il s’agit de trouver un équilibre entre tensions visuelles représentées ou suggérées.
 
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